Merci à L. qui m'a envoyé son témoignage, depuis l'autre côté du miroir... 

 

Si les gens écrivent de plus en plus, les écrivains se font rares !

Après élimination selon les premiers critères que tu as évoqués (orthographe, style, etc.), il ne reste parmi une centaine de textes reçus qu’un petit paquet de 8 ou 9 manuscrits.

Ce sont de bons textes, en français, avec du style et un petit quelque chose en devenir.

Tu as vu, je ne n’utilise pas encore le mot d’écrit !

 

Quand enfin l’éditeur reçoit un bon texte, que se passe-t-il ? :

 

Souvent, il le rejette, car il n’entre pas dans sa collection. Ce n’est pas le bon genre (dans mon cas, polar, SF, etc.) : l’auteur s’est trompé de maison d’édition.

 

Parfois, il prend contact avec l’auteur pour lui demander s’il n’a pas autre chose. (Heureux, mais parfois asséché, le malheureux ne répond plus et se fait publier ailleurs.)

 

Parfois aussi, un de ses auteurs a traité le même genre de sujet, ou pire un bouquin sur le même thème vient de sortir chez un autre éditeur.

Il arrive aussi qu’il aime, mais le sujet ne se vendra pas (eh oui ! l’éditeur est un commerçant aussi) ou ne plaira pas aux lecteurs habituels de la maison d’édition. Dans ces cas, à nouveau : il prend contact avec l’auteur et pour lui demander s’il n’a pas autre chose (retour à la parenthèse précédente : le texte est édité ailleurs).

 

Il aime bien, mais il a un doute. Là, c’est terrible !

Dans ce cas, il le fait lire à deux ou trois lecteurs amis (toujours les mêmes) : leur verdict est fatal et confirme à chaque fois son doute. L’éditeur est un aventurier prudent qui ne peut avoir de doute sur ce qu’il publie. Si ce n’est déjà fait (car il a mis 8 à 10 mois pour arriver à cette étape), le livre sortira donc chez un confrère ou en autoédition. Sans regret, car il vaut mieux rater un texte que de ne pas bien le défendre.

 

Enfin, il y a le fameux mouton à 5 pattes, le texte qui colle…

Il aime, il décide de publier.

Il est sûr de lui.

Aucun autre éditeur ne l’a signé.

L’auteur ne l’a pas publié sur internet : ouf !

 

En général, il n’y a pas trop de remarques, mais le vrai travail commence.

Il coupe, rature, renvoie le texte pour que l’auteur se remette en cause. Il sait bien ce qui ne va pas. Si l’auteur refuse, l’éditeur abandonne. (Le bouquin sortira chez un confrère en l’état.)

 

En moyenne, il faut un an de travail avant que le fameux texte ne devienne un écrit et soit publié. À ce moment encore, l’éditeur peut différer la sortie pour des raisons commerciales.

 

Dans ces conditions, l’éditeur ne choisit donc pas un texte de manière subjective. C’est un bon texte qui devient un écrit important, unique, que l’éditeur va défendre. Il faut de l’exigence de part et d’autre. De la compréhension, de la patience.

 

Le choix découle finalement d’une logique qui nécessite que l’éditeur soit passionné par l’aventure. C’est aussi et surtout une vraie histoire de rencontre.

 

 

 

Phase 1 : Relecture et correction

Phase 2 : Envoi

Phase 3 : Réponses des maisons d'édition

Phase 4 : Contrat

 

 

A la recherche d'un éditeur...

Phase 3bis : le point de vue de l'éditeur

© 2014-2019 - Florence Cochet (Maux de Textes)

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