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A la recherche d'un éditeur...

Phase 3 : Les réponses des éditeurs

Que le premier qui n’a jamais eu le cœur qui s’emballe en découvrant dans sa boîte aux lettres (physique ou virtuelle) une lettre ou un courriel de la maison à laquelle il a envoyé son bébé chéri lève la main !

 

Quel supplice, quand on décachette cette enveloppe qu’on espérait et redoutait !

Quel supplice, quand on clique sur le titre qui s’affiche dans notre messagerie…

 

Et là, retentit LE cri : bonheur suprême ou déception terrible…

 

 

Je classerais les réponses en 4 catégories :

 

1) La lettre type de refus

 

Vous ne saurez jamais vraiment si votre manuscrit a été entièrement lu ou si le stagiaire qui n’est là que pour l’été l’a rejeté après quelques pages…

 

Vous aurez droit, sans doute, à une des variantes suivantes :

  • malgré ses qualités, votre manuscrit ne correspond pas à notre ligne éditoriale

  • votre texte ne correspond pas à ce que nous souhaitons publier dans nos collections

  • nous publions peu et sommes donc sélectifs

  • nos programmes chargés nous obligent à des choix sévères

  • malgré ses qualités, votre texte pas convaincu le Comité de lecture

  • malgré ses qualités, le Comité de lecture a décidé de ne pas retenir votre texte

 

De quoi cela peut-il provenir ? Du pire au meilleur :

  1. Votre manuscrit est mauvais (voire très très mauvais) et le lecteur a calé après quelques lignes… (envisagez de passer par la phase « Appel à textes et concours » pour vous entraîner)

  2. Votre manuscrit est bourré de fautes (repartez à la phase 1 : relecture et correction)

  3. Votre manuscrit est mal présenté (repartez à la phase 1 : relecture et correction)

  4. Votre premier chapitre n’a pas convaincu le lecteur (envisagez les « Appels à textes et concours » pour vous entraîner et partez en quête de bons bêta-lecteurs)

  5. Vous n’avez pas eu de chance… parce qu’il faut aussi tomber sur le bon lecteur à la première étape de sélection. On dit souvent que se faire éditer, c’est la rencontre d’UN texte avec UN lecteur à UN instant T. Retravaillez un peu et renvoyez ailleurs.

 

Quelques précisions à lire avant d’envisager de vous jeter de la fenêtre du rez-de-chaussée (plus haut, c’est trop dangereux) :

 

Qui a écarté votre texte ? En fonction de l’éditeur, ce peut être :

  • Un stagiaire. Ils croulent sous le travail et sont payés (peu) pour lire des manuscrits (beaucoup et très vite). 

  • Un lecteur extérieur payé à la fiche de lecture.

  • Le comité de lecture de la maison d’édition.

  • L’éditeur lui-même (pour les petites structures) ou le directeur de collection

 

La sélection comporte généralement plusieurs étapes et la lettre type signifie que votre manuscrit n’a pas franchi la première.

 

La présélection ne prend que quelques minutes… Alors, soignez la langue, la présentation et le premier chapitre (le reste aussi, bien sûr !).

 

Vous allez me rétorquer : c’est n’importe quoi, on ne peut pas juger un texte en quelques minutes…

Oui et non. On peut écrémer de manière significative en fonction des critères que j’ai déjà cités un nombre incalculable de fois : problèmes de langue (orthographe, grammaire, syntaxe), de style (maladresses, lourdeurs, répétitions).

 

Cette présélection permet donc de séparer les « mauvais textes » qui composent la majorité des envois des textes :  

des moyens (qui arrivent en 2e position en terme de quantité et posent problème : éditer ou ne pas éditer ? à l’éditeur de prendre sa décision)

des très bons (très rares, la décision est très vite prise : éditer... et faire signer rapidement le contrat)

 

Bien sûr, les éditeurs étant des humains comme les autres, ils peuvent se tromper et passer à côté d’une perle…

 

Cependant…

Il est rare qu’un manuscrit soit refusé sans avoir été survolé. Donc, partez de l’idée que le vôtre l’a été.

Généralement, pour la présélection, le texte est au moins parcouru, voire lu en totalité. Un texte de qualité trouvera donc normalement preneur. (Pas forcément au premier envoi, et pas forcément par une grosse maison…)

 

Corollaire : si vous avez reçu trente réponses négatives, y compris de la part des petites structures, il faut envisager (pour le dire gentiment…) de vous remettre en question, voire même de ranger ce manuscrit au fond d’un tiroir et de passer à autre chose.

Vous pouvez, par exemple, tenter les « Appels à textes et concours » pour vous entraîner… ou prendre des cours de français, ou participer à des ateliers d’écriture, ou vous mettre au tricot.

 

 

2) La réponse argumentée qui dit « non » (et qui fait mal)

 

Certains éditeurs, dont Le Dilettante, sont connus pour leur plume acérée…

Même si vous avez mal aux dents et au cœur en lisant un refus argumenté, soyez content : votre manuscrit a été lu par un professionnel.

Laissez reposer les remarques et tenez compte de celles qui vous parlent. À vous d’envisager de retravailler votre texte en tenant compte de ces points ou non.

 

 

3) La réponse argumentée qui dit « peut-être » et qui perturbe

 

La même qu’avant (ou presque), qui vous suggère de retravailler votre texte et de le soumettre une nouvelle fois, sans garantie d’être sélectionné. (Et c’est bien là le problème !)

C’est pour moi la plus agaçante. Parce qu’un auteur sait pertinemment que des corrections éditoriales devront être réalisées sur son texte, alors pourquoi ne pas parier sur l’auteur ?

À vous de voir ce que vous voulez faire… Pour ma part, on me l’a proposé une fois et j’ai renoncé. Le roman a trouvé preneur ailleurs…

 

 

4) La réponse positive

 

Il n’y a qu’un seul mot qui s’impose : Champagne !

Cependant, avant de danser de joie tout nu dans le salon, vous vérifierez bien les clauses de votre contrat… si on vous demande de payer quoi que ce soit (frais de correction, achat d’un certain nombre d’exemplaire, forfait destiné à la maquette), fuyez à toutes jambes.

Ensuite, peut-être faudra-t-il vous interroger sur la diffusion et la distribution, qui sont ensomme le nerf de la guerre. Etre édité, c'est bien, mais encore faut-il être visible...

 

 

Quelques articles intéressants sur le sujet :

 

Les lettres de refus, ou l’art de dire non (Le Monde) 

Écrivains, pourquoi (et comment) les maisons d’édition refusent vos livres

 

 

Vous avez vécu avec la clé de la boîte aux lettres en sautoir  ou consulté vos courriels plus de 60 fois dans la journée en attendant le contrat ? Et maintenant, il est arrivé ? Alors passez à la phase 4...

 

 

Phase 1 : Relecture et correction

Phase 2 : Envoi

Phase 3 : Réponses des maisons d'édition

Phase 3bis : Le point de vue de l'éditeur

Phase 4 : Contrat

 

 

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